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Le journal

Comment fonctionne une montre automatique

5 min de lecture

Ressort, échappement, balancier, masse oscillante : ce qui se passe dans une montre automatique, sa réserve de marche et la précision qu'on peut en attendre.

Boîte à montres noire vitrée contenant six montres, avec un tiroir en partie basse

Une montre automatique fonctionne sans pile : toute son énergie vient d'un ressort, et ce ressort est remonté par les mouvements de votre poignet. Entre les deux, une chaîne de pièces transforme cette énergie en un mouvement parfaitement régulier des aiguilles. Comprendre cette chaîne aide à choisir une montre, à l'entretenir et à savoir quand un remontoir a un sens.

Un ressort qui se détend lentement

Tout part du barillet, un petit tambour qui contient le ressort moteur, une longue lame d'acier enroulée sur elle-même. Armé, ce ressort cherche à se détendre et fait tourner le barillet. Le rouage, une succession de roues dentées, transmet ce mouvement jusqu'aux aiguilles en le démultipliant : le barillet fait quelques tours par jour, l'aiguille des minutes un tour par heure, celle des secondes un tour par minute.

Seul, ce ressort se détendrait d'un coup en quelques secondes. Tout l'art de l'horlogerie consiste à le freiner et à le libérer par petites quantités parfaitement égales.

L'échappement et le balancier : ce qui donne l'heure juste

C'est le rôle du couple formé par l'échappement et le balancier-spiral. Le balancier est un petit volant qui oscille d'avant en arrière, rappelé par un ressort très fin, le spiral. Ses oscillations ont une durée constante : c'est lui, le véritable garde-temps. À chaque oscillation, l'ancre de l'échappement laisse la roue d'échappement avancer d'une dent, puis la bloque à nouveau. C'est ce blocage répété qui produit le tic-tac, et qui fait avancer la trotteuse par petits pas.

Le rythme se compte en alternances par heure. Un calibre Seiko NH35 bat à 21 600 alternances par heure, soit trois hertz ; un ETA 2824-2 ou un Sellita SW200 à 28 800, soit quatre hertz. Plus la fréquence est élevée, plus la trotteuse avance par petits pas, d'où son glissement presque continu sur le cadran.

La masse oscillante : ce qui rend la montre automatique

Sur une montre mécanique à remontage manuel, on arme le ressort en tournant la couronne. Une montre automatique ajoute une masse oscillante, ou rotor : un demi-disque lourd, monté sur un axe au centre du mouvement, qu'on aperçoit souvent à travers un fond transparent. À chaque mouvement du poignet, la gravité le fait pivoter, et un système de roues arme le ressort.

Selon les calibres, la masse remonte le ressort dans les deux sens de rotation ou dans un seul ; dans l'autre, elle tourne à vide. C'est ce qui explique qu'un remontoir se règle en tours par jour et en sens de rotation : notre guide pour régler un remontoir selon le calibre donne les valeurs des mouvements les plus répandus. Une fois le ressort entièrement armé, une bride glissante le laisse patiner dans le barillet : on ne peut pas trop remonter une montre automatique, ni au poignet, ni sur un remontoir.

La réserve de marche

La réserve de marche est le temps pendant lequel la montre continue de fonctionner une fois retirée du poignet, ressort armé au maximum. Elle dépend du calibre :

  • ETA 2824-2 : environ 38 heures.
  • Seiko NH35 : environ 41 heures.
  • Rolex 3235 : environ 70 heures.
  • Tissot Powermatic 80 : jusqu'à 80 heures, d'où son nom.

Passé ce délai, la montre s'arrête : ce n'est pas une panne. Il suffit de la relancer, comme nous l'expliquons dans notre guide pour remonter une montre automatique. Une réserve de trente-huit heures signifie qu'une montre posée le vendredi soir est arrêtée le dimanche matin, ce qui pèse dans le choix entre une simple boîte et un remontoir.

La précision qu'on peut en attendre

Une montre mécanique n'a pas la précision d'une montre à quartz : elle avance ou retarde de quelques secondes par jour. Les chronomètres certifiés par le COSC, l'organisme suisse de contrôle, doivent rester en moyenne entre moins quatre et plus six secondes par jour. Les mouvements courants, non certifiés, sont réglés avec des tolérances plus larges, qui peuvent atteindre une dizaine de secondes par jour ou davantage.

L'écart varie aussi selon la position de la montre, la température et l'état de la réserve de marche. Le magnétisme est l'ennemi le plus fréquent : un aimant puissant, celui d'une enceinte, d'un fermoir de sac ou d'un étui de tablette, peut magnétiser le spiral, et la montre se met soudain à avancer de plusieurs minutes par jour. Un horloger la démagnétise en quelques instants.

Automatique, manuelle ou quartz

  • Automatique : mécanique, remontée par les mouvements du poignet. Elle s'arrête si on ne la porte pas pendant un ou deux jours.
  • Mécanique à remontage manuel : même principe sans masse oscillante. On la remonte à la couronne, idéalement chaque jour à la même heure.
  • Quartz : une pile alimente un cristal de quartz qui vibre à fréquence très élevée. Précise, sans entretien du mouvement autre que la pile, elle n'a pas besoin de remontoir.

Entretenir un mouvement automatique

Un mouvement mécanique contient des huiles qui sèchent avec le temps. Une révision périodique par un horloger nettoie, huile et règle le mouvement ; l'intervalle recommandé dépend de la marque, le plus souvent entre cinq et dix ans. Entre deux révisions, une montre rangée à l'abri de la poussière, de l'humidité et des chocs, dans une boîte à montres, vieillit mieux qu'une montre posée dans un vide-poche. Et si vous alternez plusieurs montres automatiques, un remontoir les garde à l'heure et à la date entre deux ports : nous détaillons dans quels cas il est vraiment utile dans notre article sur l'utilité d'un remontoir.